C’est vrai que jusque là, je ne vous avais pas vraiment parlé d’albums pour les tous petits. Je suis en plein apprentissage de ce qu’est véritablement la littérature jeunesse et j’en apprends tous les jours. Je ne m’étais pas encore intéressée de près à un album cartonné, c’est-à-dire aux albums adaptés aux plus petits. Et puis j’ai découvert, par l’intermédiaire de son très sympathique auteur, Jean Leroy, la géniale histoire de la Soupe aux frites.

Qu’est-ce que ça raconte ? Papa Croco a fait de la soupe. Mais comment faire pour que les petits crocos avalent tout ça sans faire les difficiles ? Papa Croco a la recette magique : de la soupe aux poireaux ? Naaaaan. De la soupe aux frites.

Pourquoi j’ai aimé ? Le point fort de ce livre, c’est la double-lecture qu’elle permet. En effet, il est agréable à lire à la fois pour les petits mais aussi pour les adultes : le format, carré et cartonné, le rend facile à manipuler pour des petites mains. Il y a peu de pages, les dessins sont colorés, on utilise des onomatopées et des mots simples qui sont à la portée des plus jeunes, les personnages sont des animaux anthropomorphisés auxquels ils peuvent facilement s’identifier… mais surtout, il nous raconte une anecdote de la vie de tous les jours, qui est déjà arrivé à 90% des familles : faire manger de la soupe (mais vous pouvez remplacer « soupe » par n’importe quel aliment vert ou qui ressemble de près ou de loin à un légume) aux enfants.

L’enfant, qui ne sait pas lire, comprendra facilement l’histoire grâce aux dessins où les émotions des personnages sont très bien rendues :

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Le parent, qui lit l’histoire, pourra savourer toute l’ironie de la situation où le papa se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé (pour garder le piquant de l’histoire, je ne dévoilerais pas le twist final de l’album mais je vous laisse le deviner 😉 ).

Pour moi, l’histoire est si bien tournée qu’elle permet une identification de chaque côté, ce qui rend d’autant plus complice le moment privilégié qu’est la lecture d’un album. Ce ne sera donc pas une corvée pour l’adulte, qui peut parfois avoir l’impression de lire un livre « pour bébé » et l’enfant pourra en même temps profiter d’un récit « à sa hauteur ».

L’histoire est d’ailleurs tellement réaliste et crédible (et mignonne) que je soupçonne Jean Leroy de s’être inspiré de sa propre expérience pour l’écrire, genre based on a true story (ce n’est qu’une supposition, parce qu’en vrai, je n’en sais rien. Mais ça pourrait. En tout cas, moi, j’y croirais).

Grâce à cet album, j’ai également découvert le travail d’Ella Charbon. Ces dessins sont simples mais dynamiques et surtout très expressifs. Elle utilise des couleurs vives, piquées dans la palette des couleurs primaires, qui sont plus facilement identifiables chez les petits (Par expérience personnelle, le prisme des couleurs chez les petits est très restreint. Pas la peine de vous pavaner avec votre superbe couleur roux flamboyant qui vous a coûté un bras chez le coiffeur, pour eux, vos cheveux auront simplement la même couleur orange qu’une carotte.)

Le fond blanc de la page recentre toute l’attention sur la petite scènette qui se déroule sous nos pages et c’est diablement efficace.

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Non mais regardez moi la tête de ce papa ! Je craque.

Bref, vous l’aurez compris, La Soupe aux frites a été, pour moi, un petit coup de coeur ❤ que je recommande aux grands, pour les petits ! 🙂 

La Soupe aux frites, Jean Leroy et Ella Charbon, aux éditions l’École des Loisirs.

Pour les petits de 0 à 3 ans 

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