Cette chronique a été écrite dans le cadre d’un partenariat avec la maison d’édition Magic Mirror. Puisque c’est mon premier partenariat, je tenais à vous expliquer les tenants et les aboutissants de cette décision et ce que cela implique pour le blog. Tout d’abord, je vous rassure : un partenariat pour moi est une chronique comme une autre. Je prône l’honnêteté dans mes lectures, et je n’irai jamais vous dire qu’un livre m’a plu si ce n’est pas le cas. 

Lorsque cette toute jeune maison d’édition qu’est Magic Mirror a lancé son appel à partenariats, j’ai longuement hésité… D’un côté, j’avais très envie de tenter l’aventure, ça me permettait de sortir de ma zone de confort, de faire des découvertes, d’avoir un regard privilégié/en avant-première sur un livre et de vous le partager… Mais de l’autre, un partenariat, ça exige de lire dans des temps impartis, ça exige une collaboration et donc une attente vis à vis de mon travail mais surtout ça exige du temps. Je me suis donc forcément posée la question : mon blog étant encore un bébé blog, est-ce que je me sens capable de prendre ce temps en plus ?

Puis sont venues les questions pratiques : Comment ça va se passer ? Que va-t-on me demander ? Et si mon travail ne leur plaît pas ? Et si le livre ne me plaît pas ? Toutes ces questions peuvent vous paraître idiotes, tellement le mot « partenariat » est ancré dans la réalité de la blogosphère et fait parti du quotidien de certaines blogueurs/ses. Mais pour quelqu’un comme moi, qui débute toute juste, bah ça fout un peu la pression, et on peut très facilement se mettre à fantasmer sévère (pas forcément dans le bon sens).

Heureusement, en checkant le site de Magic Mirror, je me suis rendue compte à quel point ce partenariat se faisait dans une volonté d’échange mutuel, loin de toute pression. Je vous en mets un petit extrait ici :

« Nous souhaitons des partenariats sains et honnêtes : si le livre ne vous a pas convaincu, vous n’aurez aucune obligation d’en faire une chronique élogieuse. La seule chose que nous exigeons c’est d’en tirer un article argumenté, détaillé et fourni. Si le roman ne vous a pas plu, expliquez pourquoi. Vous pouvez également refuser de chroniquer un livre que vous auriez vraiment détesté, mais à ce moment-là vous ne feriez plus partie de nos partenaires. » 

Alors, je me suis lancée. Et j’ai été choisi pour faire partie des 20 SP proposés ! C’est une très grande fierté pour moi, parce que malgré tout, cela reste une reconnaissance de mon travail et rien que pour ça, je remercie toute l’équipe de Magic Mirror <3Bien. Après ce très long préambule, passons maintenant aux choses sérieuses, la chronique !


Qu’est-ce que ça raconte ?

Sirona et Eloane sont deux soeurs aux portes de l’âge adulte. Elles vivent toutes deux depuis quelques années avec Mme Whitecombe, une femme mystérieuse qui les a recueillies après que leur passé ait mystérieusement était effacé de leur mémoire. Pourtant, leur vie agréable va être chamboulé lorsque Mme Whitecombe décide un matin de fiancer l’aînée, Sirona, contre son gré. Celle-ci va parvenir à s’échapper et fuir, en quête de son indépendance et de son passé, pour finir par découvrir peu à peu bien des secrets. Ronces Blanches et Roses Rouges est une réécriture du conte Blanche-Neige et Rose Rouge des frères Grimms.

Ce que j’en ai pensé  

Si vous aimez les contes de fées et les réécritures de ceux-ci, alors Ronces Blanches et Roses Rouges risque fort d’attirer votre curiosité. On y retrouve les éléments principaux du conte d’origine (l’ours, les deux jeunes filles, l’hiver, le nain…) dans une ambiance de conte de fée, mêlée à un univers intertextuel riche, ponctué de nombreuses références à des classiques de la littérature jeunesse. J’y ai aperçu un peu de Charlie et la Chocolaterie (l’incipit dresse le portrait d’une famille pauvre mais heureuse, unie et pleine d’espoir), un peu de la poésie du Petit Prince ( dans certaines descriptions des roses) mais aussi (et surtout) pas mal d’hommages à la tradition contesque de notre enfance (La Belle et la Bête et Blanche-Neige pour ne citer qu’eux). Et comment ne pas penser à Once Upon a Time et à Régina/Cora face à cette Mme Whitecombe si vengeresse ?

L’histoire nous porte, les personnages (que ce soit Sirona, le Pianiste ou l’Ours) sont attachants, l’ambiance est parfaitement gérée (l’univers sombre et inquiétant du château en est un bon exemple), Laetitia Arnould parvient à construire un univers convainquant et relativement cohérent dans son imaginaire, qui vous plaira si vous avez toujours voulu plus que ce que pouvaient nous apporter nos contes traditionnels. J’ai également été assez bluffée par le vocabulaire riche qu’elle emploie et j’ai appris plein de nouveaux mots  grâce à elle ! (acrimonie ? atrium ? engoulevents ?). C’est loin d’être déplaisant 😉

Petit bémol cependant : bien que je me sois laissée facilement portée par l’histoire et le fond du roman, j’ai eu un peu plus de mal à apprécier l’écriture de Laetitia Arnould.

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à m’adapter à sa plume : elle a un style très lyrique, qui utilise beaucoup de comparaisons, d’images poétiques et de métaphores et malheureusement, c’est un style auquel je suis loin d’être sensible. D’autre part, la construction des personnages est beaucoup trop inégale à mon goût. Bien que Sirona, le Pianiste et même Mme Whitecombe soient intéressants, par leurs personnalités, leurs caractères, leurs combats…  d’autres, comme Eloane, sont loins d’être à la hauteur. Je n’ai malheureusement pas trouvé à celle-ci d’autre rôle que de servir de faire-valoir à sa sœur et c’est vraiment dommage car je pense que son personnage, si solaire, aurait pu avoir beaucoup plus de poids (rien que dans le combat final par exemple, qui est beaucoup trop mis en ellipse !).

J’ai également noté quelques incohérences ou zones d’ombres au récit… Qui est donc ce valet qui semble tout à la cause de son maître et qui pourtant apparaît un peu comme un deus ex-machina à la fin du récit ?  Pourquoi le père ne revient-il pas à son état normal, comme l’ours, après que la malédiction ait été rompue ?  Sans compter les nombreuses répétitions, qu’elles soient stylistiques (cette obsession du regard, même si elle est expliquée, finit par prendre trop de place) ou narratives (certains passages se ressemblent beaucoup trop et ne font que ralentir l’histoire). On sent bien que Laetitia Arnould a des idées, un beau concept mais qu’elle a parfois du mal à les faire avancer.

Ce roman est donc malheureusement loin d’être un coup de cœur. Bien qu’il m’ait permis de sortir de ma zone de confort, en reprenant joliment les codes du conte initial dans un univers onirique intéressant, la magie n’a cette fois pas réussi à prendre part à ma lecture.

Ronces Blanches et Roses Rouges, de Laetitia Arnould chez Magic Mirrror éditions.

Si ma chronique vous interpelle et que vous êtes curieux de lire par vous-même cette réécriture originale des frères Grimm, sachez qu’avec le code chaussetteschocolat-sp2017, vous pouvez passer commande sur la boutique de Magic Mirror (et seulement là) ! Un joli marque-page vous sera offert grâce à ce code pour tout livre papier acheté !

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