Il y a parfois des œuvres qui, au premier coup d’œil, semblent destinées aux plus jeunes et se révèlent être finalement des bijoux universels. C’est le cas de ce livre, mi-album, mi-BD, qui nous emmène dans un voyage au cœur de nous-mêmes. Je n’ai pas réussi à attendre mercredi pour la publier, et puis je vous devais un ou deux petits articles en plus. 

Qu’est-ce que ça raconte ? Je laisse pour une fois parler la quatrième de couverture à ma place.

Grand-père et l’enfant aiment voyager. Ensemble, ils ont parcouru le monde. Mais grand-père ne peut plus avancer, les montagnes qui ont poussé sur son dos tout au long de sa vie sont devenues trop lourdes aujourd’hui. Même le vent ne peut plus les porter. Alors l’enfant ira chercher le vent le plus puissant, celui qui peut soulever les montagnes. Ainsi commencera pour lui le plus grand des voyages.

Pourquoi j’ai aimé ? Dire que j’ai aimé serait un doux euphémisme. L’Homme Montagne est une des plus jolies découvertes que j’ai pu faire. A travers des dessins d’une beauté incontestable, nous suivons le voyage initiatique d’un petit héros, qui n’a pas de nom. Et s’il n’a pas de nom, ce petit homme, c’est bien parce qu’il est universel. Quand son grand-père lui apprend qu’il doit faire son dernier voyage, l’enfant, puisqu’il ne peut plus partir avec lui, décide à tout prix d’aider son grand-père en allant chercher le vent le plus puissant, le seul capable de soulager l’ancêtre du poids de ces montagnes. Qui n’a jamais voulu, de ses petites forces d’enfant, soutenir les siens dans leurs épreuves d’adultes ? « Tiens, si tu n’as plus d’argent, moi je te donne ma tirelire« , « Prend mon bras si tu as du mal à marcher, je serai ta canne » et autres mignonnes propositions enfantines.

Personnellement, je prévoyais d’emmener ma grand-mère faire un grand voyage au Canada dans un traîneau tiré par des huskies quand elle ne pourrait plus marcher. Elle ne fait pas vraiment d’effort, elle marche toujours. BREF.

L’album est bourré de références culturelles, allant de Myazaki à la Fontaine, en passant par le Petit Prince. Toutes les rencontres que va faire l’enfant dans son voyage initiatique sont pleines de sagesse et de réflexions philosophiques (sur l’amitié, la famille, la vie et la mort) et qui vont amener le lecteur (enfant et/ou adulte) à se poser des questions sur lui-même, avec humour parfois, avec émotion, douceur et tendresse toujours.

| Les racines, c’est ce qui fait que je suis chez moi ici, et que je m’y sens bien. C’est ce qui me rend fort et me fait résister au souffle du vent. C’est ce qui fait de moi un arbre, mais c’est aussi ce qui fait que j’aime être un arbre. Tu comprends ? |

C’est un album que l’on ne lit pas, mais que l’on parcourt, que l’on contemple, que l’on dévore. C’est un album qui caresse à la fois les yeux et l’esprit. D’où l’on ressort apaisé, à défaut d’être grandi, quand on est déjà grand. Pour moi, c’est définitivement un coup de cœur que je conseille à tout le monde. Sans exception.

Je vous laisse un petit extrait, pour le plaisir de vos mirettes :

L’Homme-Montagne, Séverine Gauthier et Amélie Fléchais, aux éditions Delcourt Jeunesse. De tout petit à très très grand.

 

 

 

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