« Les Ombres de Kerohan » est un roman N. M. Zimmermann, publié aux éditions L’école des Loisirs. 

Qu’est-ce que ça raconte ? Sebastian et Viola sont frère et sœur. A la mort de leur mère, leur père les envoie chez leur oncle, au Manoir de Kerohan, pour qu’ils y respirent le bon air de la Bretagne. Mais arrivés là-bas, ils se rendent compte que les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être. Pourquoi ne voient-ils jamais leur tante et leur cousine ? Qui est l’homme inquiétant qui vit au château avec leur oncle ? Pourquoi ne peuvent-ils pas sortir du domaine ? Reverront-ils un jour leur père ?

Pourquoi je n’ai pas aimé ? J’ai eu l’impression de lire une faible copie du film les Autres de Alejandro Amenábar mêlée au folklore breton. Manque de pot, Alejandro Amenábar est un de mes réalisateurs préférés et je suis d’origine bretonne. Et l’histoire que nous raconte N.M Zimmermann est loin d’égaler ces deux références. Le récit traîne en longueur, ce qui en amenuise totalement l’aspect horrifique. Edgar Poe disait que pour que la peur fonctionne, il fallait qu’elle soit condensée. Ici, à cause de la lenteur du livre et des nombreuses pirouettes qu’utilise le narrateur pour ralentir le récit, on finit par s’ennuyer. Pourtant, Zimmerman est considérée comme une experte du genre… Mais j’ai l’impression que dans ce roman-ci, elle s’est contentée d’écrire un patchwork de plusieurs éléments de romans appartenant au registre du fantastique et de l’horreur, sans y mettre réellement un fond. On ne croit pas du tout au personnage de Viola, censé représenter la raison face au fantastique, auquel adhère parfaitement son frère. J’y ai d’ailleurs retrouvé le cadre, l’ambiance un peu mystérieuse et l’isolement qui m’ont rappelé le film d’Amenábar mais sans la surprise finale, la poésie, la nostalgie. C’est dommage. De plus, je ne sais pas si elle est vraiment familière du folklore celtique, mais je n’ai pas reconnu dans son roman les mythes de mon enfance. Le personnage du Korrigan est transformé en une espèce de troll vaguement sympathique, devenant presque un animal domestique. Elle fait de l’Ankou le serviteur d’une sorte de diable moderne, bien loin de la personnification traditionnelle celte. Je ne suis pas une puriste, qui rejette la modernisation des contes ou des légendes, bien au contraire. Mais comme chaque revisite, on ne peut passer à côté de l’essentiel si l’on veut que cette revisite soit réussite (un peu comme en cuisine en fait)(Cyril Lignac si tu m’entends). L’Ankou n’est pas un serviteur. L’Ankou est la personnification de ce qui effraie le plus les hommes sur terre : la mort. Il n’est ni bon, ni mauvais. Il vient chercher les âmes de ceux qui vont mourir. Il est à la fois le messager et le passeur. L’associer au diable, et de cette manière; c’est donc faire un non-sens. De même, je trouve le personnage du diable attaché à l’oncle en échange de son du, très peu effrayant pour le coup.

Bref, vous l’avez compris, pour moi, c’est malheureusement un échec.

Si vous, vous avez de bons romans qui s’inspirent des légendes bretonnes, je suis tout ouïe ! 😉 

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