A la base, je voulais partir sur 5 livres qui ont marqué ma jeunesse… mais je n’ai pas réussi à faire le tri. Étant plus jeune, j’étais une boulimique de la lecture, beaucoup plus qu’aujourd’hui et dans tous mes livres d’enfance, il me semble impossible de faire l’impasse sur certains.
Voilà pourquoi je vous livre donc ici, les 10 livres qui ont marqué ma jeunesse (j’ai mis les couvertures d’origine, comme ça, je vais me prendre un gros coup de vieux avec vous !) :

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1 – La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati

Qu’est-ce que ça raconte ? Tout commence le jour où Tonin, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dans les montagnes de Sicile… Profitant de la rigueur d’un hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide alors d’envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l’aide de son armée et d’un magicien, il réussit à vaincre et finit par retrouver Tonin. Mais il comprend vite que le peuple des ours n’est pas fait pour vivre au pays des hommes…  [résumé trouvé ici]

Pourquoi ça m’a marqué ? Je commence par celui-ci car c’est un des plus vieux souvenirs de lecture personnelle que j’ai… De l’histoire, je ne me rappelle pas grand chose. Par contre, je me souviens encore du plaisir que j’ai éprouvé à sa lecture : Pour la première fois, je connaissais la sensation de dévorer un livre. Je le lisais partout ! A tel point qu’en classe, je m’arrangeais pour terminer très vite mes exercices afin d’avoir un peu de temps pour lire quelques pages.

Afficher l'image d'origine2 – La reine de l’île, Anne-Marie Pol

Qu’est-ce que ça raconte ? C’est l’histoire de Liselor, une petite fille qui vit sur une île bretonne, Roc-Aël, avec son grand-père. Malgré la solitude et la rudesse imposées par la vie insulaire, Liselor s’y sent bien, heureuse.  » Tu es la reine de notre île  » lui dit souvent le vieil homme. Et c’est vrai. Car Liselor connaît chaque recoin, chaque vague, chaque oiseau de son île, son royaume. Mais il y a un secret qu’elle n’a jamais réussi à percer : celui de sa famille. Et un jour, sans trop savoir pourquoi, son grand-père s’assombrit et Liselor sent que leur bonheur est menacé…

Pourquoi ça m’a marqué ? C’est le premier livre pour lequel j’ai pleuré. J’ai toujours été très sensible (je suis une vraie madeleine, depuis toute petite) sauf pour les livres, où c’est arrivé un peu plus tardivement (c’est assez drôle puisque chez moi, tardivement, c’est genre, entre 8 et 10 ans).
De celui-ci, je me rappelle beaucoup : de l’endroit où je l’ai terminé (mon bac à douche, parce que oui, je lisais dans ma douche…), de l’histoire, mais surtout, surtout… de la fin. De ce livre, ma mémoire de petite fille conserve un souvenir tragique, dramatique, une fin qui me paraît maintenant, à travers mon regard d’adulte, bien dure pour des enfants. Pourtant, j’en garde un souvenir marqué au fer rouge, à tel point que pour vous faire cette liste, j’ai bataillé avec Google pendant environ 1h (car je ne me rappelais évidemment ni du titre, ni de l’auteur) afin de l’y inclure.

Afficher l'image d'origine3 – Matilda, Roald Dahl

Qu’est-ce que ça raconte ? Matilda Verdebois développe très tôt une intelligence incroyable. A 5 ans, elle a déjà appris à lire et à écrire toute seule, sait faire des opérations compliquées de tête, et connaît déjà une grande partie des classiques de la littérature anglaise, qu’elle a emprunté  à la bibliothèque. Bien que tous les gens autour d’elle soient émerveillés par cette incroyable petite fille, elle vit maltraitée par ses affreux parents, un père escroc vendeur de voitures volées et trafiquées et une mère insipide qui ne s’intéresse qu’au loto et à la TV. Quand Matilda rentre enfin à l’école, elle se heurte une fois de plus au mépris et à la méchanceté, à cause de la directrice Mlle Legourdin, une affreuse bonne femme prête à tout pour faire régner l’ordre et sa justice. Heureusement, elle fait également la rencontre de Mlle Candy, sa maîtresse, avec qui elle va nouer une très forte relation. Mais Matilda va également découvrir que son intelligence n’est pas la seule chose qui la rend si spéciale…

Pourquoi il m’a marqué ? Roald Dahl est sans conteste un auteur jeunesse incontournable. Dans tous les classiques qu’il a pu nous apporter (Charlie et la chocolaterie, la potion de George Bouillon, Sacrées sorcière, le Bon Gros Géant…), il y en a un qui a une place particulière dans mon cœur. Je ne saurais pas dire pourquoi exactement. J’aime le personnage de Matilda, sa gentillesse, sa modestie, sa soif de savoir (qui faisait écho à la mienne à l’époque), son amour dévorant pour les livres… Bien que l’histoire soit simple, elle reste drôle et efficace, voire même jouissive, lorsque Matilda se sert de ses pouvoirs pour se venger des injustices qu’elle a subit, que ce soit de ses parents ou de Mlle Legourdin. Et puis, c’est une petite fille qui en est l’héroïne, ce qui devait sûrement parler à la petite fille en moi, habituée à lire les récits d’aventure de petits garçons. En le relisant récemment, je me suis rendu compte que l’écriture de Roald Dahl sait très bien s’adapter au langage des enfants, afin de provoquer chez eux des sentiments forts. Et que même chez les adultes, le récit fonctionne, car il sait garder une forme d’innocence revigorante.

Afficher l'image d'origine4 – Milles ans de contes, Anthologie en deux tomes, des éditions Milan.

Celui-ci est un peu particulier, parce qu’il regroupe plusieurs récits. C’est l’anthologie qui a bercé mon enfance, celle où j’ai découvert mon amour pour les contes de fées, pour les histoires qui font peur mais aussi pour les énigmes. Cette série de deux tomes (si je ne dis pas de bêtises) regroupait en effet plusieurs catégories : les contes traditionnels, les contes pour les plus petits, les histoires effrayantes, et les jeux et énigmes à la fin.J’ai vu qu’elle était rééditée assez régulièrement, et je ne peux que vous la conseiller, car c’est vraiment un ouvrage bien travaillé. J’irai jeter un coup d’œil sur cette nouvelle version plus modernisée, bien que mon cœur soit tout entier dédié à la version que j’ai connu petite.

5 – La bibliothécaire, Gudule

15451227_1356716807725621_2095927650_nQu’est-ce que ça raconte ? Guillaume est un vrai cancre à l’école. Ça ne l’intéresse vraiment pas. Et puis, depuis quelques temps, il préfère observer la vieille dame qui habite en face de chez lui écrire jusque très tard, ce qui ne l’aide pas à rester attentif en classe. Mais pourquoi une si grande fascination pour une vieille écrivaine ? Et bien parce que chaque soir, quand sa voisine éteint la lumière, une jeune fille toute vêtue de noir s’enfuit de l’immeuble de celle-ci et fait sonner ses petits talons sur le pavé. Guillaume est fasciné : il veut savoir qui est cette fille, quel est son lien avec la vieille dame mais surtout pourquoi s’enfuit-elle tous les soirs si tard ? Guillaume décide donc de la suivre, ce qui va lui ouvrir des portes qu’il pensait fermées jusque-là pour lui…

Pourquoi il m’a marqué ? Parce que l’histoire de Gudule n’est qu’un écrin pour les classiques auxquelles La Bibliothécaire rend hommage. Gudule nous livre un chant d’amour à la littérature jeunesse et à la jeunesse elle-même à travers une belle aventure. J’ai adoré suivre les aventures de Ida (la jeune fille), Guillaume, et des personnages qu’ils rencontrent (qui font écho à des personnages connus du lecteur) . Grâce à ce livre, j’ai jeté un nouveau regard sur des récits que je connaissais déjà, mais j’ai également eu envie de me plonger dans ceux que je ne connaissais pas.

7/8- Complot à Versailles / A la poursuite d’Olympe, Annie Jay

15554876_1356699944393974_1471688457_nQu’est-ce que ça raconte ? Les aventures de Pauline et Cécile tout d’abord, l’une cadette d’une famille noble, pauvre et disgraciée, l’autre étant orpheline, au passé trouble, recueillie par une guérisseuse et élevée au sein de la famille de Pauline. Devenues les meilleurs amies, les deux jeunes filles vont, par un concours de circonstances, être introduites à la cour et déjouer un complot orchestré contre le roi. Puis, celles d’Olympe, jeune fille dont la belle-mère spolie la fortune, et qui est envoyée par son père au couvent. Bien décidée à ne pas se laisser faire, elle s’enfuit et décide de vivre cachée parmi les gens du peuple. Pendant ce temps, sa belle-mère, cherche à la retrouver afin de récupérer les derniers bijoux en sa possession et financer un affreux complot contre le roi (toujours !).

15497652_1356699951060640_1951411633_nPourquoi ça m’a marqué ? L’histoire en elle-même n’est pas spécialement marquante. C’est un roman historique jeunesse classique avec son lot de complots et de périphéries mettant en scène de jeunes gens forts sympathiques auxquels un pré-ado peut facilement s’identifier. Enfin ça, c’est mon regard d’adulte, parce qu’étant plus jeune, c’est justement pour ces critères que j’ai adoré ! Les histoires d’amour, le décor placé au château de Versailles, les personnages historiques qui prennent vie (Louis XIV, La Fontaine, la terrible Madame de Maintenon !),  les jeunes filles fortes qui se battent pour leurs valeurs… (Je pense principalement à Olympe, jeune fille éduquée qui refuse de finir au couvent, contre la volonté de son père). J’adorais également le fait que le personnage d’Olympe croise ceux de Pauline et compagnie. Tout cela m’a plu à tel point qu’à l’heure actuelle, ce sont les deux romans que j’ai le plus souvent relu !

9 – Peggy Sue et les fantômes, Le sommeil du Démon (T.2), Serge Brussolo

15571142_1356700037727298_1680756145_nQu’est-ce que ça raconte ? Peggy Sue est une jeune fille un peu spéciale, qui peut voir les fantômes, des personnages effrayants et invisibles au commun des mortels qui sont responsables de la plupart des catastrophes qui arrivent aux humains. Grâce à ses lunettes magiques, elle est la seule qui puisse leur faire du mal. Accompagnée de son fidèle chien bleu, rencontré dans le premier tome, Peggy Sue se retrouve embarquée malgré elle par sa famille en plein milieu du désert où un étrange avion de cristal atterri toute les nuits et emmène ses passagers dans un étrange royaume onirique, où tout est possible… Pourtant, derrière ce paradis, se cache le dangereux jardin des merveilles, où tout est détraqué. Peggy Sue va devoir y pénétrer si elle veut sauver ceux qu’elle aime et réveiller l’enchanteur endormi, tout en échappant aux pièges tendus par les affreux fantômes.

Pourquoi ça m’a marqué ? J’ai adoré l’univers créé par Serge Brussolo. Un univers inquiétant et fantastique, dans lequel j’ai plongé la tête la première. Le personnage de Peggy Sue est une jeune fille mal dans sa peau, étrange, qui aimerait être normale et se retrouve à devoir se battre contre des forces qui la dépassent et dont, en pleine adolescence, elle aimerait bien se passer. J’avais déjà adoré le premier tome, clin d’œil à l’univers de La ferme des animaux de Orwell (me semble-t-il, dites-moi si je me trompe) et l’on retrouve dans ce deuxième tome cette atmosphère étouffante, dérangeante, qui contraste avec le monde de rêve, presque idéal que rencontre Peggy Sue au début du roman. La série Peggy Sue est une série pour ado qui arrive à mêler réflexion et récit d’horreur, dans une écriture fluide et agréable, et avec des scènes parfois très angoissantes (j’en faisais des cauchemars, bien que je n’arrivais pas à m’arrêter de le lire). Pour jeune public averti donc !

10 – Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry

Qu’est-ce que ça raconte ? Un chef d’œuvre de la littérature jeunesse. Si vous ne le connaissez pas, le résumer serait pour moi un sacrilège tellement ce livre représente énormément.

Pourquoi ça m’a marqué ? J’ai noué une relation particulière avec ce livre car c’est le premier que mon père m’a lu quand j’étais gamine. Mon frère et moi ne nous en lassions pas. Puis, j’ai eu la chance de découvrir deux versions : celle lue par Gérard Philippe et celle qui (je crois) est lue par Pierre Arditi. Alors, c’est effectivement celle de Gérard Philippe que j’ai entendu en premier. Mais c’est celle de Pierre Arditi que je préfère et depuis toujours. La voix grave de l’acteur m’a bercé tant de fois, que je l’entend encore quand je lis l’œuvre originale. Je me surprend à reprendre les mêmes intonations, à marquer les mêmes temps de pause. Même adolescente, quand je peinais à trouver le sommeil, j’étais sûre, en me mettant le cd sur mon lecteur (oui, oui, je sais, ça ne rajeunit pas) de m’endormir avant la fin. D’ailleurs, je connais beaucoup moins bien la fin du roman pour cette raison ! Je sais que beaucoup de gens connaissent et aiment la version de Gérard Philippe mais je vous laisse découvrir dans la vidéo ci-dessus la version de Pierre Arditi qui, je pense, est à écouter, pour redécouvrir la poésie du texte de Saint-Exupéry.

Tant de mots dans ce top ! Je ne sais pas si les prochains seront aussi longs… Je n’ai pas inclus Harry Potter, bien que ce livre ai eu lui aussi un impact sur ma lecture. J’aborderai le sujet dans une autre chronique. N’hésitez pas à me partager vos ressentis et j’aimerais vraiment savoir quels sont les livres qui ont marqué votre enfance à vous !

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