Si vous êtes lecteurs confirmés de littérature jeunesse, vous vous êtes sûrement rendus compte que ce qui marche le mieux en ce moment, ce sont les récits déclinés en plusieurs tomes. La première référence à laquelle on pense est évidemment Harry Potter, avec ses 7 tomes, bien que ce ne soit pas la première à avoir fonctionné sur ce principe. Quant à moi, j’ai une longue histoire avec les sagas jeunesse. J’en ai commencé beaucoup étant plus jeune, et je les ai rarement finies, ce qui m’a longtemps laissé un goût d’inachevé dans mes lectures. Les orphelins Baudelaire, L’épouvanteur, Eragon, Harry Potter (et oui… même Harry Potter), j’ai beaucoup de mal à suivre une série de livres car j’ai du mal à être constante quand je fais quelque chose. Je suis le genre de personne qui commence des tas de trucs avant de s’en lasser très vite (surtout quand il se passe genre 10 ans entre le début et la fin d’une saga, J.K Rowling, si tu m’entends…) BREF.

Depuis quelques temps, je me suis lancée ce défi : terminer de lire toutes les séries que j’ai pu commencé enfant. Gros challenge !
Je ferai ensuite une critique pour chaque tome, afin que vous puissiez avoir un compte rendu exhaustif de mes lectures.

Et comme je suis une fille pleine de contradiction, je commence cette catégorie d’article par une saga récente. Voilà. (De toute façon, je fais ce que je veux.)(fin de l’intro.)


Laissez moi donc vous parler de la série « Le Passe-Miroir ».

Je sais que je ne fais pas dans l’originalité. Cette série, toi habitué des blogs littéraires et promeneur solitaire des librairies, tu en as entendu parlé plus que de raison, tu l’as vu et revu sur les rayonnages et tu l’as peut-être même sûrement lu. Ce n’est donc pas à toi que je m’adresse (mais tu peux continuer à lire cet article, je suis pas sectaire comme fille).

Non, en fait, je m’adresse surtout aux petits curieux, à ceux qui n’ont pas encore sauté le pas, ou bien à ceux qui ne savent même pas de quoi je parle mais qui cherchent quelque chose à lire.

J’ai croisé, comme un peu tout le monde, ce livre un peu partout, ce qui m’a d’emblée refroidi. (Alors oui, cher lecteur, tu apprendras de moi que mon cerveau fonctionne quant à lui de manière TOTALEMENT sectaire et idiote puisqu’il n’est attiré que par les choses dont il n’entend pas souvent parlé, au risque de passer à côté de bonnes surprises). Et puis, errant comme une âme en peine dans les rayons de ma librairie, j’ai écouté la douce voix passionnée de ma petite libraire, qui a flatté mon oreille et mis ce livre entre les mains. J’avoue que nos débuts ont été… difficiles. Je lisais plusieurs livres à la fois, et n’arrivais pas à focaliser mon attention sur l’histoire. En fait, mes préjugés m’empêchaient de me plonger totalement dedans.Et puis un soir, j’ai pris le temps de le lire un peu plus assidument, et j’ai compris mon erreur.

TOME 1

Alors, ça raconte quoi ? Ophélie, une jeune fille vivant sur Anima, a le pouvoir de lire le passé des objets et de traverser les miroirs. Solitaire et renfermée, elle se retrouve contrainte et forcée par les doyennes de son arche d’épouser un homme qu’elle ne connait pas et qui vient d’une toute autre arche que la sienne (ce qui ne se fait presque jamais) : le Pôle. Dès sa première rencontre avec son fiancé, le courant passe mal. C’est donc la mort dans l’âme que la jeune fille doit quitter sa famille, le musée où elle travaille ainsi que son monde rassurant  pour suivre son futur époux en territoire inconnu. Là-bas, elle découvre le froid terrible de l’hiver mais surtout, les faux-semblants et la dangerosité de la cour, et se retrouve, bien malgré elle, au milieu d’intrigues qui la dépasse.

Pourquoi j’ai aimé ? 

Tout d’abord pour les personnages. J’ai aimé le point de vue assez original choisi par l’auteur, Christelle Dabos : mettre en scène des personnages imparfaits, et non des héros. Aucun des personnages du roman n’est manichéen, ils sont tous faillibles, à commencer par l’héroïne. Ophélie est d’ailleurs loin d’être un archétype basique de jeune fille romanesque. Elle est, dès le début du roman, décrite comme myope, solitaire, maladroite, n’ayant que faire des apparences et de ce que les gens peuvent penser d’elle, préférant la compagnie des objets à celle de jeunes de son âge, une jeune fille discrète mais forte. Thorn, son fiancé imposé, est quant à lui un homme froid, dur et distant, très peu à l’aise avec les relations humaines. Et il en va de même pour chaque personnage croisé dans le roman : ils possèdent tous leur propre caractère, leur propre histoire, leur propre passé qui vont influer sur leurs décisions. En suivant l’histoire du point de vue d’Ophélie, nous apprenons à connaître les autres par son regard et en même temps qu’elle. Je ne ferai pas la liste de tous les différents caractères que l’on peut croiser, mais j’aime le fait que les adjuvants et les opposants de l’héroïne ne soient pas si facilement décelables et que l’on puisse parfois remettre en question les choix de l’héroïne. J’aime que l’on puisse se retrouver dans ces personnages si accessibles, si communs, aux qualités et aux défauts si humains.

Deuxièmement, l’importance des femmes dans le roman. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, je résumerais plutôt les choses en quelques mots : la place des femmes est tout aussi importante que la place des hommes et elles ont toutes des caractères divers et variés, sans être des archétypes ou des caricatures. Et putain ce que ça fait du bien.

/!\ Pour ceux qui n’ont pas lu le roman, cette partie peut contenir des spoilers. Vous pouvez donc passer à la prochaine./!\

Troisièmement, et ce point ne concerne QUE le premier tome puisque je vais devoir attendre Noël avant de commencer le deuxième, la non-histoire d’amour. Même si j’adore le personnage de Thorn, même si mon côté romantique a pu fondre en se disant qu’avec des si, tout est possible, je LOUE Christelle Dabos de ne pas tomber dans cette facilité du mariage arrangé qui tourne bien, où les deux personnages finissent par se rendre compte que malgré leurs caractères incompatibles, ils s’aiment et que cela tourne en mariage consenti. Je ne suis pas contre les histoires d’amour, loin de là. Mais j’aime que le personnage d’Ophélie reste fidèle à lui-même tout au long de ce premier tome et que devant les possibles sentiments de cet homme qui ne lui plait pas, elle réagisse comme elle le fait si bien. Leur relation est décrite avec délicatesse, discrétion, et comme dans tous rapports humains, elle se construit sur des doutes, des gestes, des intentions, des maladresses et non des déclarations enflammées.


/!\ Fin du spoil /!\

Pour faire court, j’aime le vent d’originalité que Christelle Dabos apporte avec ce premier tome, qu’elle se joue des codes et sorte des sentiers battus. La Passe-miroir, les fiancés de l’hiver, en plus d’être très bien écrit et agréable à lire, parvient à construire un univers crédible et intelligent, des personnages atypiques, un royaume aussi enchanteur qu’empoissonné. Elle nous porte dans un univers si dur et l’on en sort avec l’envie de s’y replonger immédiatement.

J’attends donc la suite avec impatience !

La Passe-Miroir, Les fiancés de l’hiver (T.1) de Christelle Dabos aux éditions Gallimard Jeunesse.

 

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